Garçonne

GARÇONNE

De Karine Jurquet

Avec Sophie Jaskulski et Karine Jurquet

Scénographie et création sonore David Neaud
Assistante mise en scène et création lumière Nelly Framinet

Garçonne est l’histoire d’un homme qui après avoir vécu dix ans sous les trais de « Suzanne » ne s’est jamais remis de ne plus être une femme.

Garçonne est un projet hybride, à l’image de ce qu’il raconte.
Une écriture de plateau, une lecture audiovisuelle, un spectacle radiophonique, un film muet, une danse frénétique, des projections video sous fond d’hallucinations auditives, un théâtre d’ombres. Se côtoient des morceaux du journal de Louise (qu’elle écrit pour la défense de son procès), des archives de la Première Guerre Mondiale et des Années Folles, d’écrits sur le genre, sur le libre choix, de textes anarchistes et le mythe de l’androgyne de Platon.
Le plateau devient une zone d’ombre où apparaissent et disparaissent, deux actrices à l’identique, deux silhouettes hybrides qui se confondent dans un travestissement semblable. Elles racontent et jouent tous les personnages en manipulant à vue le son, les lumières et les projections vidéo.

Fantômes et témoins de l’histoire, elles racontent un déserteur travesti et une épouse assassine. Deux destins dans la fièvre des années folles. Une parenthèse entre deux guerres où les femmes jettent leurs corsets, se coupent les cheveux et fument la cigarette. Où des femmes se nomment les Garçonnes. Où l’ouvrier copule avec le baron et la baronne.
Elles parlent de ces frontières sociales et de genre que la société utilise politiquement et idéologiquement.

À travers Paul, ressort tout ce qui dérange : déserteur, travesti, mœurs légères, chômeur, alcoolique. Mais qui est il ? Paul ? Suzanne ? Est il possible de transgresser les « obligations sociales » qui correspondent à notre sexe ? Suis-je qui je veux à travers mon identité ressentie ?

Garçonne raconte aussi aujourd’hui, notre impuissance devant l’état du monde. Celle où la folie festive s’empare d’êtres traumatisés par les bombes. Celle d’une époque débridée où les couleurs de peaux, où les couches sociales se confondent. Où l’on rêve de renverser tous les vieux ordres établis pour inventer un autre monde.