Les masques de M. Personne

D’après les œuvres de Fernando Pessoa

Lectures et propositions par Jean-Baptiste Azéma

En Afrique, on dit qu’un vieillard qui meurt c’est une bibliothèque qui brûle. À l’issue de sa brève existence, Fernando Pessoa s’est pour sa part contenté de nous léguer 27543 textes inédits, cachés dans une malle de sa chambre, et signés de sa main par plus de 70 auteurs…

L’homme avait une devise : « Tout sentir de toutes les manières. » C’est en créant ses hétéronymes qu’il trouve enfin la réponse aux questionnements philosophiques, psychologiques et esthétiques qui le hantent dans chacune (et elles furent nombreuses) de ses expérimentations littéraires : réussir à faire tenir ensemble toute une vie de la pensée et de l’art, toute une multiplicité de sensations, sans les appauvrir dans l’unité du concept ou les perdre dans l’expression d’un style unique qui scellerait une seule manière de sentir. Et la force magistrale du geste est sublimée par le fait que ce don protéiforme, cette aptitude inégalée à diversifier son moi, permettent enfin à Fernando Pessoa de retrouver son unité profonde.

En portugais, Pessoa signifie « personne » et provient d’un mot latin signifiant « masque de théâtre ». Nul doute que les questions que soulève cette démarche littéraire et les réponses qu’elle nous apporte trouveront un écho singulier chez le public averti de la bastide et les acteurs participant au festival.

Les 9, 10 et 11 juillet à 15h

Durée : 1h

Gratuit