Paresse

Performance itinérante de Clara Lespine et Raphael Defour (Cie Microserfs)
Extraits de Rodriguo Fresan, Chateaubriand, Wittgenstein, Heiner Müller

Au fond, personne ne croit à sa propre mort. En cela nous nous considérons tous comme immortels, à défaut de pouvoir se la représenter. Nous sommes partis de là, de l’immortalité. Deux survivants. Deux amants. Deux assoiffés. De quoi est fait ce temps aboli ? Cette éternelle langueur ? C’est ce temps étiré, cette forme de «paresse», qui nous intéresse.
Leur chariot, une Mercedes bleu nuit, un tombeau d’errance qui parcourt la nuit des chemins usés, débris d’une civilisation à son crépuscule. Sur le dos satiné des molles avalanches, dans ce désordre d’ennui, ils cherchent la joie, la beauté, et tentent avec ferveur de convoquer les souvenirs, de recréer la jouissance, de célébrer la vie et la mort.